Originaire de Métabetchouan, Madeleine Doré a étudié
et travaillé en arts à l'extérieur de la région
du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour revenir à Chicoutimi depuis quelques
années c'est établi en France. Elle a participé à
de nombreuses expositions collectives, réalisé des performances
et enseigné en arts. Elle rédige régulièrement
des textes critiques ou analytiques sur l'art et est très active
dans le milieu des arts visuels.
Le titre de l'œuvre est une expression empruntée au duo
de chanteurs amérindiens KASHTIN. Elle résume un ensemble
de pensées s’ouvrant sur la conscience qui motive notre
attention au monde. Elle pointe à la fois notre devenir, ce que
nous allons laisser en héritage. Le mot VOIR interpelle l'image
en réponse à ce questionnement. Elle a circulé
dans son travail à la manière d'une recherche d'empreintes
de pas incrustées dans le sol d'un souvenir.
Les vagues sont la surface des eaux profondes. À l’origine
de ce projet visuel, il y a la présence de l’eau; cette
matière insaisissable en elle-même laisse des traces, des
mouvements qui transportent des débris, des souvenirs, des trésors
enfouis.
Dans cette œuvre, Madeleine Doré a mis en valeur l’idée
de strates, de sédiments qui se glissent à l’intérieur
des interstices, des ondées :
verre
plexiglass bleu
pierres (galets)
bois
Ces objets se logent par accumulation. Ils sont représentatifs
de l’importance à accorder aux gestes personnels qui initient
un mouvement. Ils posent la question de notre propre naturalité
et de notre appartenance à la collectivité.
Cette œuvre est aussi un hommage aux gestes de rassemblement.
Elle retrace un lien de solidarité avec la nature et celui des
croyances ancestrales des peuples amérindiens qui donnent un
sens sacré aux rituels et aux relations qu’ils entretiennent
avec l’univers.
Le Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane
est envisagé comme un lieu de rencontres. Dans le respect du
territoire commun à deux cultures, Madeleine Doré a œuvré
dans le sens de la création d’un système de relations
où la nature et l’humain sont corrélatifs de ce
développement. Il reflète la transmission d’un savoir
par le geste, l’attitude et la conscience qui nous permet d’en
analyser la portée.
|